Tout au long de sa vie, l'obscurité a recouvert ses yeux. Il ne put déceler la candeur des couleurs, lorsque Hélios après un torrent de larmes, de ces pluies diluviennes, offrait aux cieux un arc-en-ciel, aux milles teintes. Le seul regard que l'on lui permettait de poser sur la vie était incertain comme douteux. Car chaque jour, aussi unique soit-il, était le même ; un monde de poussière où s'entassaient : des pensées, des idées et des rêveries secrètement moroses. D'un regard intense qui se veut être sain ne fait que vous meurtrir à jamais. Cette pitié l'accaparait, elle le rendait différent, l'inconnu des autres, une âme, un être à part. Pourquoi devrait-il ressembler aux autres qui eux-mêmes se prétendent différents de leur voisin de palier. Au fond est-il comme eux ? Nous tous qui convoitons inévitablement la même chose : l'originalité, le bonheur, l'amour véritable et la reconnaissance de l'autre. Cette quête inexistante, n'est qu'un rêve, bercé par les louanges d'un Orphée qui s'avère être un faussaire. Ces peines accumulées, où chaque parcelle de son enveloppe charnelle insatiable, de toute peine fut marquée à vif. A présent, il doit se résoudre à souffrir comme jadis ont souffert les martyrs. Une once de vérité vous permet de vous éclairer mais elle n'a fait qu'assombrir l'horizon, se présentant devant lui, une indéfinissable marche funeste vouée à une solitude certaine. Car il sait comment on le regarde et la vérité ne lui est plus supportable.
Chaque matin, André se rendait dans le café au coin d'une ancienne bâtisse du XVII siècles. Il prit au fil des années ses habitudes, salut les employés, s'installe à l'extrémité d'une table près de la porte d'entrée pour y sentir l'arriver de chaque client, qu'il reconnaissait à leur
à leur démarche et à leur odeur.
Depuis quelques temps, André c'était entiché d'une typesse, une de ces femmes quelconques que l'on croiserait à tout hasard dans la rue mais sa voix était celle d'un Ange, elle dégageait une odeur de jasmin, il pouvait la sentir de tout près. Lénore cet Ange se nommait ainsi, elle avait les yeux marron cuivrés, le visage très pâle, ses lèvres flamboyaient à la lumière et de magnifiques boucles dorées dessinaient le contour de son visage, elle était belle le serveur ne l'avait décrite que par ces quelque mots, qu'il sentit son c½ur battre la chamade. L'imaginant, il aurait tout donner juste pour l'entrevoir jusqu'à même devenir un argus.
Petit à petit, il su comment l'approcher jusqu'à même déjeuner à sa table. Leurs rendez-vous
devenaient de plus en plus fréquents, ils allaient au théâtre, l'agrippant par le bras, elle guidait son avancée pour de longue promenade sur le quai de seine, parfois tout deux s'arrêtaient un moment pour s'éteindre. Je t'aime, lui dit-il en s'extasiant devant elle, pour le lui rappeler sans cesse ce que je ressentais.
Le bonheur n'est pas éternel, elle partie au bout de deux semaines sans aucune explication,
André en devenait fou. C'est le 18 juin 1987 que l'on découvrit son corps, sa mâchoire calcinée, ses cheveux atrophiés, dépossédés de leur éclat, on lui avait extirpé ces globes oculaires.
Remplissez vos verres de ces pleurs et trinquez en mémoire à cet ange que l'on baptisa Lénore.
Entre crime et passion il n'y a peu d'écart. L'avait-il tuée ? Mais il l'aimait et elle aussi, une réciprocité sûre, indéniable or elle l'avait laissé. Avec elle son avenir était tout tracé mais plus rien ne le retenait à la vie.
Il sentit le temps filer entre ces doigts, le regard éteint, un sourire s'esquisser au coin de ces lèvres se détachant tout doucement de son corps pour la rejoindre. L'aurais-je connu ? Qu'importe ! De son histoire de ces jours noirs, j'en retiens sa peine qui est à la fois la mienne. Car il fait partie de mon histoire, d'un passé qui est à présent révolu, je fus cet homme d'autrefois.
Texte inachevé, tu marques ce que je sais faire de mieux ne pas terminer, ...une impression de vivre à moitié les choses.